Marbre.
H. 30 cm ;
diamètre (avec les anses) : 73 cm.
Provenance :
Don des Amis du Louvre en 1999.
N° inventaire : MA 5074 (MNE 1178)
Prix d'acquisition : 2 000 000 F

Département des Antiquités grecques, étrusques et romaines
Aile Denon
Rez-de-chaussée, salle 23
Tous les jours sauf le mardi, de 9h à 18h et de 9h à 21h45 les mercredi et vendredi

Scaphè à oeilleton
Ier-IIe siècle ap. J.-C.

Ce vase romain en marbre d’une envergure imposante est à la fois une œuvre archéologique de grand intérêt et un document scientifique exceptionnel. Il tire son nom de sa forme : une version très agrandie d’une coupe à boire aux parois verticales appelée skyphos. Une forme qui transpose dans le marbre une forme primitivement adoptée pour des objets métalliques et était couramment répandue au Ier siècle de notre ère comme en témoignent plusieurs vases du Trésor de Boscoreale enfoui en 79 sous les cendres du Vésuve. Ce vase est un instrument à mesurer le temps : un rayon de soleil pénètre dans la vasque par un oeilleton. Il projette sur la paroi interne du récipient un point lumineux qui circule différemment selon les saisons et les jours. Ce « spot » renseigne donc non seulement sur la date, mais aussi sur l’heure du jour, grâce à un système complexe de courbes fermées, lignes et inscriptions gravées en langue grecque transcrivant des mots latins et utilisant des abrégés. Leur déchiffrement en donne la signification. Au bord du grand cercle, on lit : cercle du tropique du solstice d’été, le huitième jour avant les calendes de juillet (le 24 juin). Les cinq cercles suivants portent chacun deux noms de mois : juin et août, mai et septembre, avril (dont le nom est effacé) et octobre, mars et novembre, février et décembre. Le septième et dernier cercle est bordé d’une inscription incomplète, mais facile à restituer : cercle du tropique du solstice d’hiver, le huitième jour avant les calendes de janvier (le 25 décembre). Onze lignes disposées en éventail régulier du premier au dernier cercle indiquent les douze heures de la journée dont la durée pour les Romains variait selon la saison. Des 256 cadrans solaires hérités de l’antiquité grecque et romaine, de matériau et de taille très divers, recensés à ce jour, le groupe des scaphès à œilleton se réduit à 24 dont aucune ne comporte un ensemble de gravures et d’inscriptions aussi abondantes. Leur disposition en écheveau évoque celle qui caractérise un modèle de cadran solaire nommé par Vitruve arachnè, l’araignée, et qui aurait été inventé, selon le même auteur, par l’astronome Eudoxe.