Bustes, terre cuite.
H. 60,4 cm ; L. 70 cm ; Pr. 41,5 cm.
H. 46,9 cm ; L. 53,4 cm ; Pr. 23 cm.
Provenance : Château de La Péraudière à Saint-Cyr-sur-Loire (Indre-et-Loire), découverts en 1880 ; héritiers de
M. Mélizet, propriétaire du château.
Don des Amis du Louvre en 1949.
N° inventaire : RF 2658-2659
Prix d'acquisition : 1 300 000 F.

Département des Sculptures
Aile Richelieu
Rez-de-chaussée, salle 11
Tous les jours sauf les mardi et samedi, de 9h à 18h et de 9h à 21h45 les mercredi et vendredi

Portrait présumé du chancelier Antoine Duprat (1463-1535).
Portrait de Louise de Savoie, mère de François Ier (1476-1531).

Val de Loire, début du XVIe siècle.

Trouvés vers 1880 dans deux niches au manoir de La Péraudière (aujourd'hui mairie de Saint-Cyr-sur-Loire), ces deux bustes sont considérés comme les pièces majeures de l'art du portrait au début de la Renaissance française. Pierre Pradel a démontré, par comparaison avec une médaille en plomb que l'on peut dater de 1512, que le buste féminin reproduit les traits de Louise de Savoie, mère du roi François Ier. En revanche il n'a avancé qu'avec prudence le nom de Duprat, conseiller du roi, futur archevêque de Sens. Un souci réaliste accentue les traits du visage, fermes et puissants. Cette ampleur inspirée est soutenue par une technique remarquable de la terre, non pas travaillée dans la masse, mais par adjonction de matière. On remarque en particulier que la chevelure, puis le chapeau du personnage masculin ont été ajoutés après la réalisation du crâne. Quant à la coiffe féminine, elle est formée de feuilles de terre superposées, retenues par des épingles de laiton. Pierre Pradel a rattaché ces portraits aux médaillons qui ornaient les maisons de la Renaissance française jusqu'à l'épanouissement représenté par les portraits du château de Montal, et souligné que des artisans français - en particulier un certain Nicolas Baschet connu par un contrat à Tours en 1519 - étaient capables de modeler la terre en assimilant l'exemple italien. Mais il ne faut pas écarter totalement une réalisation par un artiste italien. Le mystérieux Jérôme Solobrini est installé à Amboise en 1494-1502. Guido Mazzoni (connu depuis 1472 - mort en 1518), le modeleur de Modène, sculpte à la cour de France jusqu'en 1516, et sa technique n'est pas éloignée de celle des bustes. Mais surtout le rapprochement avec les trois grands bustes provenant de la salle supérieure de la « porte Holbein » du palais de Whitehall, et spécialement avec celui d'Henri VII (Victoria and Albert Museum), attribués à Pietro Torrigiani (1472-1528), laisse la place à l'hypothèse d'une commande au grand sculpteur florentin, lors de son périple mal connu entre la Flandre et l'Angleterre, avant 1511.