Plume et encre brune, lavis brun, sur traits à la mine de plomb.
H. 21 cm ; L. 26,8 cm.
Provenance : Vente du duc de Trévise, galerie Charpentier, 1938 ; coll. part.
Don des Amis du Louvre en 1993.
N° inventaire : RF 43330
Prix d'acquisition : 1 800 000 F

Département des Arts graphiques
Aile de Flore - Porte des Lions
1er étage, salle de consultation
Lundi au vendredi de 13h à 18h, samedi de 10h à 13h (inscription préalable obligatoire par fax au 0140205351 ou par courrier).
Théodore GERICAULT
Rouen, 1791 - Paris, 1824

L'Enlèvement de Fualdès

L'affaire Fualdès est l'une des grandes énigmes de l'histoire judiciaire. Six feuillets restituent par séquences, de l'enlèvement de la victime à l'immersion du cadavre, l'assassinat de l'ancien procureur de Rodez. Le 19 mars 1817, Antoine-Bernardin Fualdès fut assailli et entraîné dans la maison Bancal pour y être égorgé, puis jeté dans l'Aveyron. Si les résultats de l'enquête conclurent officiellement à un crime crapuleux, c'est plutôt dans le passé jacobin de Fualdès qu'il faut chercher l'explication du meurtre, qui semble impliquer les ultraroyalistes de la Terreur blanche. Géricault traite ce dessin d'actualité à la manière antique : les protagonistes de l'affaire sont quasiment nus, au nom de la nudité héroïque chère à Winckelmann et revue par Michel-Ange. La résurgence de ce dessin, disparu depuis 1938, permet au Louvre d'enrichir sa collection d'un dessin noir aux accents politiques.