Toile
H. 55 cm ; L. 41 cm
Provenance : Motta di Livenza, Pinacoteca Scarpa ; vente Milan, 1895 ; coll. B. Crespi ; vente Paris, 1914 ; Paris, marché de l’art, 1970
Don des Amis du Louvre en 1970
N° inventaire : RF 1970-40
Prix d'acquisition : 300 000 F

Département des Peintures
Aile Denon
1er étage, salle 19 (audioguide n° 4203)
Ouvert les jeudi et samedi, de 9h à 18h.
Giuseppe Maria CRESPI
Bologne, 1665 – Bologne, 1747

La Femme à la puce
vers 1720-1730

Crespi, le grand maître de l’école bolonaise au XVIIIe siècle, est l’auteur de vastes tableaux religieux au luminisme intense et aux effets dramatiques, mais il est également apprécié pour ses scènes de genre de petites dimensions, dans lesquelles il traduit avec bienveillance les aspects les plus variés de la vie quotidienne de son époque. Se rattachant à cette veine, La Puce, peinte vers 1720-1730, est probablement en rapport avec une série de tableaux perdus de Crespi racontant la vie d’une cantatrice d’origine modeste, depuis sa rapide ascension sociale jusqu’à sa fin dans la dévotion. Reprenant un thème fréquent dans la peinture hollandaise du XVIIe siècle, l’œuvre montre une jeune femme assise sur son lit à la recherche d’une puce cachée dans sa chemise. L’épinette comme les programmes de concert fixés au mur pourraient faire référence à sa profession, tandis que le luxe de certains éléments (le petit chien de race, les pantoufles), qui contraste si fortement avec la pauvreté de la chambre, est peut-être une allusion à la générosité de l’amant de la chanteuse. Exécuté avec une facture d’une grande délicatesse rappelant certains artistes hollandais, cet attachant tableau peint dans une gamme de bruns chauds évoque de manière intimiste et savoureuse la réalité populaire du temps, tout en s’élevant au-dessus de la simple anecdote.