Toile
H. 1,51 m ; L. 1,15 m
Provenance : Probablement vente Paris, 1840 ; château de Cheneviery, coll. Filleul, jusqu’en 1970
Don des Amis du Louvre (participation) en 1971
N° inventaire : RF 1971-9
Prix d'acquisition : Participation de 1 400 000 F
Département des Peintures
Aile Sully
2e étage, salle 28
Tous les jours sauf les mardi et jeudi, de 9h à 18h et de 9h à 21h45 les mercredi et vendredi
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Mathieu LE NAIN Laon, 1607 ( ?) – Paris, 1677
Allégorie de la Victoire
vers 1635 Irruption de l’allégorie dans l’univers de paisible réalisme des Le Nain, le tableau surprend par sa délicieuse incongruité : une toute jeune fille, déshabillée plutôt que nue, la tête inclinée dans la pénombre, se tient debout en équilibre, les pieds posés avec précaution sur le corps étendu d’une autre figure féminine, au premier plan d’un large paysage vallonné, dominé par un ciel où s’étirent des nuages gris. Mais les ailes déployées, le casque emplumé, la palme, la draperie volante, les serpents qui remplacent les pieds de la figure couchée appartiennent bien au langage allégorique. Le sens précis de cette allégorie de la Victoire reste discuté : faut-il la mettre en relation avec un épisode historique précis ? Les jambes en forme de serpents de la jeune fille foulée aux pieds la désignent comme la Tromperie, l’Intrigue ou la Rébellion. On reste émerveillé de cette si douce Victoire qui semble présenter son sein et offrir sa palme à sa victime. Le parti très écrit et la symétrie du groupe paraissent, comme le point de vue abaissé, désigner une œuvre créée pour un emplacement précis, peut-être un manteau de cheminée. La révélation en 1971 de cet étonnant chef-d’œuvre, identifié par Jacqueline Pruvost Auzas au château de Cheneviery, près de Montargis et vite acquis par le Louvre avec la participation des Amis du Musée et d’un donateur souhaitant rester anonyme, constitua un événement. La délicatesse de la lumière et du coloris autorisent à rattacher le tableau à l’œuvre de Mathieu, le cadet des trois Le Nain.
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