Toile
H. 1,89 m L. 2,47 m
Provenance : Peint pour le Grand Condé, seconde moitié de 1678, et placé au château de Chantilly, où l’on perd sa trace au XVIIIe siècle ; vente Munich (Neumeister), 1986 ; Monte-Carlo, marché de l’art, 1989
Don des Amis du Louvre en 1989
N° inventaire : RF 1989-8
Prix d'acquisition : 1 200 000 F

Département des Peintures
Aile Sully
2e étage, salle 34
Tous les jours sauf les mardi, jeudi et dimanche de 9h à 18h et de 9h à 21h45 les mercredi et vendredi
Pierre MIGNARD
Troyes, 1612 – Paris, 1695

La Délivrance d'Andromède
achevé en 1679

Tout en illustrant un aspect méconnu de l’activité de Pierre Mignard, celui – rare dans son œuvre – du tableau de chevalet à sujet historique ou mythologique, peint dans des couleurs vives inspirées de celles d’Annibale Carrache dans la galerie Farnèse, la toile témoigne aussi de la rivalité opposant les deux artistes officiels du règne de Louis XIV. Tenu longtemps à l’écart des commandes royales en raison de son hostilité au premier peintre Le Brun, Mignard travailla cependant pour Monsieur, frère du roi, et pour Condé, prince du sang. Le tableau est en effet une commande de Louis II de Bourbon, quatrième prince de Condé, dit le Grand Condé, qui, après s’être retiré à Chantilly en 1676, demanda à l’artiste une œuvre représentant un épisode des Métamorphoses d’Ovide : le roi et la reine d’Ethiopie exprimant à Persée leur gratitude pour la délivrance de leur fille Andromède en lui offrant la main de celle-ci et un royaume. Le choix de cet instant, jamais montré jusqu’alors en peinture de façon aussi précise, s’explique par le souhait d’égaler, avec une élégance discrète ne risquant pas d’indisposer le roi, l’ancien Frondeur, vainqueur à Rocroi, à un nouveau Persée, qui, ayant délivré la France de ses ennemis, est en droit d’attendre les plus grands honneurs. Dans cette optique, et contrairement à la tradition, la figure de Persée – et non celle d’Andromède – forme l’axe de la composition. D’après Fénelon, Condé avait commandé en même temps, Vénus et Vulcain à Le Brun, dans l’idée de confronter l’art des deux rivaux.