Toile
H. 1,23 m ; L. 96 cm. Cintré en haut
Provenance : Sans doute le tableau vu à Rotterdam avant ou en 1758 chez un certain Engelbrecht, d’Aix-la-Chapelle ; vente Amsterdam, 1799 ( ?) ; vente Paris, 1938 ; coll. Boelen, Pays-Bas ; vente Paris, 1983 ; Paris, marché de l’art.
Don des Amis du Louvre en 1984
N° inventaire : RF 1984-8
Prix d'acquisition : 390 000 F

Département des Peintures
Aile Richelieu
2e étage, salle 33
Tous les jours sauf les lundi et mardi, de 9h à 18h et de 9h à 21h45 les mercredi et vendredi
Bartholomeus VAN DER HELST
Haarlem, 1613 – Amsterdam, 1670

Femme dévoilée soulevant une draperie
1658

Un des plus étonnants tableaux de Van der Helst, peintre jadis considéré comme l’égal de Rembrandt, et d’un réalisme virtuose, voire illusionniste comme ici, dont raffolèrent les XVIIIe et XIXe siècles. Le tableau a de quoi surprendre – et retenir (et c’est par là un vrai chef-d’œuvre !) – par son réalisme si naturel, presque impudique (un corps en mouvement, comme saisi dans une attitude d’instabilité : Helst rivalise ici en baroquisation avec Rembrandt), autant que par le raffinement du trompe-l’œil (un cadre feint, accentué par le beau cadre, très probablement d’origine), où la signature vient se placer comme un cartel et que déborde à son tour, par une illusion supplémentaire, le motif du magnifique rideau vert cachant le bras droit du modèle. Fond sombre qui valorise l’éclat de la nudité, cadrage cintré qui renforce le motif de la fenêtre-niche chère aux peintres leydois (Dou, Mieris) comme à Rembrandt et à ses disciples (Bol, Flinck, Victors), charme d’un clair-obscur profond et mouvant où résonnent le vert du rideau, le rouge d’un ruban, tout est mis au service d’une apparition qui séduit par son mystère ; pourquoi un tel nu : une Vénus en quelque sorte réelle, profane, humanisée ?