• Album de peintures et de dessins en concertina
    Album de peintures et de dessins en concertina

Album de peintures et de dessins en concertina

Cet album de peintures mogholes d'une qualité rare nous est parvenu dans un état de conservation remarquable. S'y ajoute une origine prestigieuse : acquis en Inde entre 1765 et 1784 par James Forbes, écrivain, dessinateur et essayiste écossais au service de la compagnie anglaise des Indes orientales, l'album passa en ligne directe à son petit-fils, l'homme politique français Charles de Montalembert, théoricien du catholicisme libéral sous la Monarchie de Juillet, dont les armes familiales figurent sur l'album.

Album de peintures et de dessins en concertina

Auteur
Inde moghole (Hyderabad, Oudh ou Dehli)
Techniques/Materiaux
Mine et rehauts de gouache, or sur papier (pages) ; cuir doré aux petits fers (reliure)
Dimension
H. : 34 cm ; L. : 25 cm
Période
Assemblé au XVIIIe siècle (avant 1754). Pages des XVIIe et XVIIIe siècles ornées de 26 peintures et 4 dessins sur papier.
Département de l'oeuvre
Département des Arts de l’Islam
N° inventaire
Inv. MAO 2261
Date d'acquisition
2013
Don et leg
Dons d'oeuvres d'art

Se déployant en un montage peu habituel, cet ensemble conserve vingt portraits dont une suite de quatorze souverains moghols inaugurée par l'empereur Akbar (1555-1605), le fondateur de la dynastie, et qui s'achève par le très rare portrait d'Ahmad Shah, qui accéda au trône en 1748 avant de connaître une fin tragique en 1754. C'est à ce dernier que l'on doit probablement ce témoignage émouvant d'une puissance moghole déclinante se rappelant ses heures de gloire. Parmi les portraits de souverains les plus sensibles, ceux d'Ahmad Shah et de Muhammad Shah sont attribués aux grands noms de la peinture indienne, auquel s'ajoute également un portrait singulier d'Anne de Danemark, reine d'Angleterre, d'après une gravure datée de 1616. Après les images de dignitaires, quelques pages traitent de sujets littéraires, avant que la collection se termine par deux dessins édifiants d'ascètes et renonçants indiens. Le soin mis à réaliser cette compilation est notable tant dans les pages retenues, la qualité des repeints, que celle, extraordinaire, des marges et enfin dans le montage particulièrement soigné du revers. A la fin de l'œuvre, une marque de bibliothécaire en persan nous assure que l'album de peintures comporte 30 pages et est donc encore assurément complet.