• Dais pour le trône de Charles VII
    Dais pour le trône de Charles VII

Dais pour le trône de Charles VII

D'une beauté à couper le souffle, la tapisserie récemment acquise grâce à la Société des Amis du Louvre sera désormais un des fleurons du patrimoine français. Deux anges, vêtus d'une tunique fleurdelisée sur leur aube blanche, s'élancent, venus du ciel, tenant une couronne entre les mains.

Dais pour le trône de Charles VII

Auteur
Jacob de Littemont
Techniques/Materiaux
Tapisserie, laine et soie.
Dimension
H : 2.92 ; L : 2.85
Période
Deuxième quart du XVe siècle
Département de l'oeuvre
Département des Objets d'art
Localisation aile
Aile Richelieu
Localisation salle
salle 6
Niveau
1er étage
Date d'acquisition
2010

Sur un fond rouge vermeil, ce groupe s'inscrit sous un grand soleil d'or à douze branches dont se détachent soixante rayons semés d'astres à huit branches. La couronne sommée de fleurs de lys ainsi que la tunique des anges semée de fleurs de lys d'or sur fond azur indique une provenance royale. L'oeuvre est postérieure au gothique international qui caractérise l'époque de Charles VI, les drapés aux plis cassés des aubes des anges appartiennent déjà au style nouveau qui s'éloigne du gothique international et dont les témoignages nous sont venus des Pays-Bas bourguignons dans les années 1430. En revanche, cette tapisserie aux anges couronnant coïncide, stylistiquement, avec le règne de son fils, Charles VII (1422-1461) qui, dès les débuts de son règne, adopta les soleils d'or sur fond de gueules. Se plaçant sous la protection de saint Michel, Charles VII se posa en roi-soleil face aux Anglais et aux Bourguignons lors de sa reconquête du royaume.Au-delà de l'emblématique royale, la tapisserie aux anges semble mettre l'accent spécifiquement sur la cérémonie du sacre et sur sa légitimation divine. Elle montre que celui que ses ennemis avaient surnommé « le petit roi de Bourges » était bien l'élu de Dieu.Cette étonnante composition offre de très nombreux points communs avec l'oeuvre du Maître de la verrière de l'Annonciation offerte par Jacques Coeur à la cathédrale de Bourges (vers 1450), auteur également du décor de la chapelle de l'hôtel Jacques Coeur, malheureusement très repeint au XIXe siècle. Louis Grodecki identifia en 1975 le Maître de la verrière de l'Annonciation avec Jacob de Littemont, peintre de Charles VII, d'origine flamande. Le dais est présenté dans la salle 6 (Anne de Bretagne) du département des Objets d'art (aile Richelieu 1er étage) à partir du 16 septembre 2010.