• Héraclius décapitant Chosroès
    Héraclius décapitant Chosroès

Héraclius décapitant Chosroès

C'est un petit panneau peint à Anvers vers 1515 que la Société des Amis du Louvre vient d'offrir au Département des Peintures.

Il permet très heureusement d'illustrer désormais un pan de la peinture anversoise du premier quart du XVIème siècle, appelé maniérisme gothique, qui n'était jusque-là représenté dans la collection du Louvre que par un panneau anonyme représentant le Martyre de saint Jean dont il n'est pas sûr qu'il ne soit pas plutôt l'oeuvre d'un peintre de Leyde.

Héraclius décapitant Chosroès

Auteur
Jan de Beerf (actif à Anvers entre 1495 et 1528)
Techniques/Materiaux
Bois (chêne)
Dimension
H.24 cm ; L. 42.5 cm
Département de l'oeuvre
Département des Peintures
N° inventaire
Inv. RF 2009-6
Date d'acquisition
2009

Ce petit panneau de 24 cm sur 42 représente un sujet rare, Héraclius décapitant Chosroès, et a été peint par Jan de Beer, qui est le plus célèbre des peintres de ce courant, le seul qui ait été cité dès 1567 par Guichardin aux côtés des grands novateurs tels que Quentin Metsys, Joos van Cleve et Joachim Patinir qui travaillaient à Anvers dans les mêmes années et dont il ne se distingue en réalité pas si radicalement que n'invite à le penser le caractère le plus évident de son art, mélange très subtil de grâce flamboyante, de théâtralité et d'effusion poétique. Le sujet est en fait une scène de l'histoire de la Vraie croix telle que la rapportait au Moyen Âge la Légende Dorée de Jacques de Voragine : les Perses ayant envahi Jérusalem et dérobé la Croix et leur roi Chosroès ayant poussé l'injure jusqu'à se prendre pour le Père en trônant entre la Croix (au lieu du Fils) et un coq (au lieu du Saint Esprit), l'empereur byzantin Héraclius entreprit une véritable croisade dont le point culminant fut le combat qui, sur un pont, le fit vainqueur du fils de Chosroès et dont l'issue fut la conversion du peuple perse à la foi chrétienne, à l'exception de Chosroès qu'Héraclius décapita sans merci. Toute la fantaisie narrative,tout le brio d'exécution du maniérisme anversois à son meilleur se retrouvent ici. Ce style de Jan de Beer, tout anversois qu'il est, a aussi compté pour quelques artistes de souche flamande qui ont oeuvré dans la France du début du règne de François Ier, tels que Godefroy le Batave et Noël Bellemare.