Dernières acquisitions

Los Disparates

Francisco DE GOYA Y LUCIENTES (1746-1828).

La Société des Amis du Louvre vient d'enrichir les collections du Musée de quatre chefs-d'oeuvre de Francisco de Goya. Il s'agit de quatre plaques de cuivre appartenant à la série des Disparates, la dernière grande série gravée par l'artiste avant son départ en exil pour la France en 1824. Par cette donation exceptionnelle, la Société des Amis du Louvre renoue avec l'esprit patrimonial qui avait présidé, sous la Deuxième République, à l'enrichissement des collections de la Chalcographie du Louvre, ère prestigieuse que marquèrent l'entrée au Musée de l'ensemble des cuivres d'Anton Van Dyck pour L'Iconographie, ainsi que l'acquisition des cuivres des Sièges de La Rochelle et de l'Isle de Ré, chefs-d'oeuvre de Jacques Callot. Il convient de souligner que c'est la première fois que la Société des Amis du Louvre acquiert des cuivres gravés pour la Chalcographie. Les quatre cuivres des Disparates de Goya, formant un ensemble exceptionnel et d'une rare qualité, seront bientôt exposés au public dans les salles de peinture espagnole du Musée du Louvre. Vraisemblablement gravée entre 1819 et 1824, la série inachevée et connue sous le titre des Disparatessoulève de nombreux problèmes d'interprétation. À commencer par le titre lui-même : disparate provient du verbe espagnol disparatar qui signifie decir o hacer algo fuera de razón y regla - « dire ou faire quelque chose en dépit de la raison ou des règles ». Ainsi, les quatre cuivres acquis par les Amis du Louvre correspondent, selon les épreuves d'état conservées au Musée Lazaro Galdiano de Madrid aux Disparatessuivants : Disparate conocido (Atrocité connue), Disparate puntual (Atrocité ponctuelle), Disparate de Bestia (Atrocité de bête), Disparate de Tontos (Atrocité d'idiot). Lors de la première édition de ces planches, réalisée en 1877 à Paris, des sous-titres en espagnol et en français furent gravés sur les cuivres, soit respectivement : « ¡Que Guerero ! (Quel guerrier !), Una Reina del Circo (Une Reine du cirque), Otras Leyes por el Pueblo (Autres lois pour le Peuple) et Lluvia de toros (Pluie de Taureaux).

Plaques de cuivre gravées de la série
H. 24 ; L. 35 cm
Acquis en 2011

Los Disparates

Francisco DE GOYA Y LUCIENTES (1746-1828).

La Société des Amis du Louvre vient d'enrichir les collections du Musée de quatre chefs-d'oeuvre de Francisco de Goya. Il s'agit de quatre plaques de cuivre appartenant à la série des Disparates, la dernière grande série gravée par l'artiste avant son départ en exil pour la France en 1824. Par cette donation exceptionnelle, la Société des Amis du Louvre renoue avec l'esprit patrimonial qui avait présidé, sous la Deuxième République, à l'enrichissement des collections de la Chalcographie du Louvre, ère prestigieuse que marquèrent l'entrée au Musée de l'ensemble des cuivres d'Anton Van Dyck pour L'Iconographie, ainsi que l'acquisition des cuivres des Sièges de La Rochelle et de l'Isle de Ré, chefs-d'oeuvre de Jacques Callot. Il convient de souligner que c'est la première fois que la Société des Amis du Louvre acquiert des cuivres gravés pour la Chalcographie. Les quatre cuivres des Disparates de Goya, formant un ensemble exceptionnel et d'une rare qualité, seront bientôt exposés au public dans les salles de peinture espagnole du Musée du Louvre. Vraisemblablement gravée entre 1819 et 1824, la série inachevée et connue sous le titre des Disparatessoulève de nombreux problèmes d'interprétation. À commencer par le titre lui-même : disparate provient du verbe espagnol disparatar qui signifie decir o hacer algo fuera de razón y regla - « dire ou faire quelque chose en dépit de la raison ou des règles ». Ainsi, les quatre cuivres acquis par les Amis du Louvre correspondent, selon les épreuves d'état conservées au Musée Lazaro Galdiano de Madrid aux Disparatessuivants : Disparate conocido (Atrocité connue), Disparate puntual (Atrocité ponctuelle), Disparate de Bestia (Atrocité de bête), Disparate de Tontos (Atrocité d'idiot). Lors de la première édition de ces planches, réalisée en 1877 à Paris, des sous-titres en espagnol et en français furent gravés sur les cuivres, soit respectivement : « ¡Que Guerero ! (Quel guerrier !), Una Reina del Circo (Une Reine du cirque), Otras Leyes por el Pueblo (Autres lois pour le Peuple) et Lluvia de toros (Pluie de Taureaux).

Plaques de cuivre gravées de la série
H. 24 ; L. 35 cm
Acquis en 2011

Los Disparates

Francisco DE GOYA Y LUCIENTES (1746-1828).

La Société des Amis du Louvre vient d'enrichir les collections du Musée de quatre chefs-d'oeuvre de Francisco de Goya. Il s'agit de quatre plaques de cuivre appartenant à la série des Disparates, la dernière grande série gravée par l'artiste avant son départ en exil pour la France en 1824. Par cette donation exceptionnelle, la Société des Amis du Louvre renoue avec l'esprit patrimonial qui avait présidé, sous la Deuxième République, à l'enrichissement des collections de la Chalcographie du Louvre, ère prestigieuse que marquèrent l'entrée au Musée de l'ensemble des cuivres d'Anton Van Dyck pour L'Iconographie, ainsi que l'acquisition des cuivres des Sièges de La Rochelle et de l'Isle de Ré, chefs-d'oeuvre de Jacques Callot. Il convient de souligner que c'est la première fois que la Société des Amis du Louvre acquiert des cuivres gravés pour la Chalcographie. Les quatre cuivres des Disparates de Goya, formant un ensemble exceptionnel et d'une rare qualité, seront bientôt exposés au public dans les salles de peinture espagnole du Musée du Louvre. Vraisemblablement gravée entre 1819 et 1824, la série inachevée et connue sous le titre des Disparatessoulève de nombreux problèmes d'interprétation. À commencer par le titre lui-même : disparate provient du verbe espagnol disparatar qui signifie decir o hacer algo fuera de razón y regla - « dire ou faire quelque chose en dépit de la raison ou des règles ». Ainsi, les quatre cuivres acquis par les Amis du Louvre correspondent, selon les épreuves d'état conservées au Musée Lazaro Galdiano de Madrid aux Disparatessuivants : Disparate conocido (Atrocité connue), Disparate puntual (Atrocité ponctuelle), Disparate de Bestia (Atrocité de bête), Disparate de Tontos (Atrocité d'idiot). Lors de la première édition de ces planches, réalisée en 1877 à Paris, des sous-titres en espagnol et en français furent gravés sur les cuivres, soit respectivement : « ¡Que Guerero ! (Quel guerrier !), Una Reina del Circo (Une Reine du cirque), Otras Leyes por el Pueblo (Autres lois pour le Peuple) et Lluvia de toros (Pluie de Taureaux).

Plaques de cuivre gravées de la série
H. 24 ; L. 35 cm
Acquis en 2011

Les Attributs de la musique civile et Les Attributs de la musique militaire

Jean-Siméon CHARDIN - Paris 1699 - 1779

Charles Nicolas Cochin, chargé des Arts auprès du marquis de Marigny, confia en 1766 à Jean-Siméon Chardin l'exécution de deux dessus de porte du salon de musique du château royal de Bellevue, construit sur les hauteurs de Meudon par Louis XV pour Mme de Pompadour. L'artiste, alors âgé de 67 ans, avait acquis un savoir-faire inégalé dans la représentation des choses inanimées, évoluant au cours des ans vers une sobriété de composition toujours plus remarquable. Dans la Musique civile, de registre plutôt champêtre, on distingue au premier plan un violon et son archet, une flûte traversière, un tambourin à sonnailles et une vielle à roue ; au second plan un tambour à timbre, un instrument à vent (clarinette ?) et un cor. Dans la Musique guerrière, on identifie au premier plan un basson avec sa cuivrette, un hautbois sous la partition et deux cymbales posées sur des livres ; au second plan, une paire de timbales avec sa paire de battes, une trompette posées par-dessus et un tambour. Les timbales revêtaient une valeur particulière dans la musique militaire. D'origine allemande, elles étaient autrefois réservées en France aux régiments qui les avaient conquises sur l'ennemi. Sous Louis XV, leur usage s'était systématisé dans les compagnies de la maison du roi, mais il en allait de l'honneur du timbalier de ne pas les laisser prendre l'adversaire. En bas, le tablier de soie avec fleurs de lys et croix du Saint-Esprit qui pend avec ses pompons rappelle le caractère royal de la commande. Les deux toiles furent exposées au Salon de 1767.

Toiles ovales sur châssis rectangulaire
H : 112 cm ; L : 144 cm
Acquis en 2010

Les Attributs de la musique civile et Les Attributs de la musique militaire

Jean-Siméon CHARDIN - Paris 1699 - 1779

Charles Nicolas Cochin, chargé des Arts auprès du marquis de Marigny, confia en 1766 à Jean-Siméon Chardin l'exécution de deux dessus de porte du salon de musique du château royal de Bellevue, construit sur les hauteurs de Meudon par Louis XV pour Mme de Pompadour. L'artiste, alors âgé de 67 ans, avait acquis un savoir-faire inégalé dans la représentation des choses inanimées, évoluant au cours des ans vers une sobriété de composition toujours plus remarquable. Dans la Musique civile, de registre plutôt champêtre, on distingue au premier plan un violon et son archet, une flûte traversière, un tambourin à sonnailles et une vielle à roue ; au second plan un tambour à timbre, un instrument à vent (clarinette ?) et un cor. Dans la Musique guerrière, on identifie au premier plan un basson avec sa cuivrette, un hautbois sous la partition et deux cymbales posées sur des livres ; au second plan, une paire de timbales avec sa paire de battes, une trompette posées par-dessus et un tambour. Les timbales revêtaient une valeur particulière dans la musique militaire. D'origine allemande, elles étaient autrefois réservées en France aux régiments qui les avaient conquises sur l'ennemi. Sous Louis XV, leur usage s'était systématisé dans les compagnies de la maison du roi, mais il en allait de l'honneur du timbalier de ne pas les laisser prendre l'adversaire. En bas, le tablier de soie avec fleurs de lys et croix du Saint-Esprit qui pend avec ses pompons rappelle le caractère royal de la commande. Les deux toiles furent exposées au Salon de 1767.

Toiles ovales sur châssis rectangulaire
H : 112 cm ; L : 144 cm
Acquis en 2010

Dais pour le trône de Charles VII

Jacob de Littemont

D'une beauté à couper le souffle, la tapisserie récemment acquise grâce à la Société des Amis du Louvre sera désormais un des fleurons du patrimoine français. Deux anges, vêtus d'une tunique fleurdelisée sur leur aube blanche, s'élancent, venus du ciel, tenant une couronne entre les mains. Sur un fond rouge vermeil, ce groupe s'inscrit sous un grand soleil d'or à douze branches dont se détachent soixante rayons semés d'astres à huit branches. La couronne sommée de fleurs de lys ainsi que la tunique des anges semée de fleurs de lys d'or sur fond azur indique une provenance royale. L'oeuvre est postérieure au gothique international qui caractérise l'époque de Charles VI, les drapés aux plis cassés des aubes des anges appartiennent déjà au style nouveau qui s'éloigne du gothique international et dont les témoignages nous sont venus des Pays-Bas bourguignons dans les années 1430. En revanche, cette tapisserie aux anges couronnant coïncide, stylistiquement, avec le règne de son fils, Charles VII (1422-1461) qui, dès les débuts de son règne, adopta les soleils d'or sur fond de gueules. Se plaçant sous la protection de saint Michel, Charles VII se posa en roi-soleil face aux Anglais et aux Bourguignons lors de sa reconquête du royaume.Au-delà de l'emblématique royale, la tapisserie aux anges semble mettre l'accent spécifiquement sur la cérémonie du sacre et sur sa légitimation divine. Elle montre que celui que ses ennemis avaient surnommé « le petit roi de Bourges » était bien l'élu de Dieu.Cette étonnante composition offre de très nombreux points communs avec l'oeuvre du Maître de la verrière de l'Annonciation offerte par Jacques Coeur à la cathédrale de Bourges (vers 1450), auteur également du décor de la chapelle de l'hôtel Jacques Coeur, malheureusement très repeint au XIXe siècle. Louis Grodecki identifia en 1975 le Maître de la verrière de l'Annonciation avec Jacob de Littemont, peintre de Charles VII, d'origine flamande. Le dais est présenté dans la salle 6 (Anne de Bretagne) du département des Objets d'art (aile Richelieu 1er étage) à partir du 16 septembre 2010.

Tapisserie, laine et soie.
H : 2.92 ; L : 2.85
Acquis en 2010

Le Comte Mathieu-Louis Molé

Jean-Auguste-Dominique INGRES (1780-1867)

Le 10 décembre 2009, le Portrait du Comte Molé par Ingres , acquis grâce au soutien des Amis du Louvre, fait son entrée officielle dans la collection du département des Peintures.

« Il était hors de question pour le conseil d'administration des Amis du Louvre de ne pas contribuer à l'achat du portrait du Comte Molé par le plus grand portraitiste français, a déclaré Marc Fumaroli, Président de la Société des Amis du Louvre. Le vote a été acquis à la quasi unanimité. Pourquoi ?

La suprême autorité en matière de goût, le poète Charles Baudelaire, n'était pas un admirateur inconditionnel d'Ingres et de son école férue d'antiquité. Mais son goût difficile s'est incliné devant Ingres portraitiste, et portraitiste moderne, sachant élever à la poésie du deuil le noir moderne de la redingote masculine et laisser entrevoir, sous la gravité officielle de l'homme d'autorité, le "mal du siècle", doute et mélancolie, qui hante au fond du masque impassible le civilisé moderne. Le portrait par Ingres du premier ministre de Louis-Philippe, qui avait été sous le Consulat un ami intime de Chateaubriand, avant de devenir son ennemi politique et son rival victorieux auprès de la belle Cordélia de Castellane, atteste aujourd'hui, encore mieux qu'au XIXe siècle, la saisissante justesse du diagnostic du poète. »

Huile sur toile
H. 1,47 ; L. 1,14.
Acquis en 2009

Héraclius décapitant Chosroès

Jan DE BEER (actif entre 1475 et 1528)

C'est un petit panneau peint à Anvers vers 1515 que la Société des Amis du Louvre vient d'offrir au Département des Peintures.

Il permet très heureusement d'illustrer désormais un pan de la peinture anversoise du premier quart du XVIème siècle, appelé maniérisme gothique, qui n'était jusque-là représenté dans la collection du Louvre que par un panneau anonyme représentant le Martyre de saint Jean dont il n'est pas sûr qu'il ne soit pas plutôt l'oeuvre d'un peintre de Leyde. Ce petit panneau de 24 cm sur 42 représente un sujet rare, Héraclius décapitant Chosroès, et a été peint par Jan de Beer, qui est le plus célèbre des peintres de ce courant, le seul qui ait été cité dès 1567 par Guichardin aux côtés des grands novateurs tels que Quentin Metsys, Joos van Cleve et Joachim Patinir qui travaillaient à Anvers dans les mêmes années et dont il ne se distingue en réalité pas si radicalement que n'invite à le penser le caractère le plus évident de son art, mélange très subtil de grâce flamboyante, de théâtralité et d'effusion poétique. Le sujet est en fait une scène de l'histoire de la Vraie croix telle que la rapportait au Moyen Âge la Légende Dorée de Jacques de Voragine : les Perses ayant envahi Jérusalem et dérobé la Croix et leur roi Chosroès ayant poussé l'injure jusqu'à se prendre pour le Père en trônant entre la Croix (au lieu du Fils) et un coq (au lieu du Saint Esprit), l'empereur byzantin Héraclius entreprit une véritable croisade dont le point culminant fut le combat qui, sur un pont, le fit vainqueur du fils de Chosroès et dont l'issue fut la conversion du peuple perse à la foi chrétienne, à l'exception de Chosroès qu'Héraclius décapita sans merci. Toute la fantaisie narrative,tout le brio d'exécution du maniérisme anversois à son meilleur se retrouvent ici. Ce style de Jan de Beer, tout anversois qu'il est, a aussi compté pour quelques artistes de souche flamande qui ont oeuvré dans la France du début du règne de François Ier, tels que Godefroy le Batave et Noël Bellemare.

Bois (chêne)
H.24 cm ; L. 42.5 cm
Acquis en 2009

Boîte à portrait de Louis XIV

Jean I PETIOT (1607-1691)

Ce joyau historique à la gloire de Louis XIV a été acquis par la Société des Amis du Louvre lors de la dispersion de la prestigieuse collection Yves Saint Laurent et Pierre Bergé, à la troisième vacation du 24 février 2009. Le bijou a heureusement conservé sa riche garniture : sur la face quatre-vingt douze diamants brillent autour du buste émaillé du roi, sommé de la couronne fleurdelisée ; au revers, tout en émail, le chiffre royal au double L entrelacé est environné de rinceaux. 

Dans la première moitié du XVIIe siècle, ces boîtes abritant des portraits en miniature, de forme ronde, ovale ou carrée, sont d'abord des objets de sentiment. À partir des années 1660, Louis XIV fait de ces objets précieux des instruments du pouvoir royal, distribués par centaines comme marques de distinction honorifique aux dignitaires étrangers, aux hommes de guerre et aux fidèles serviteurs de la monarchie.

Pendant une vingtaine d'années, deux orfèvres-bijoutiers logés aux galeries du Louvre, Laurent Le Tessier de Montarsy (?-1684), et son fils Pierre (1647-1710), en sont les principaux fournisseurs. Les médaillons du souverain sont majoritairement l'oeuvre du miniaturiste Jean I Petitot (1607-1691), qui a été attaché à la Cour des Stuarts, avant de venir mettre son talent inégalé d'émailleur au service de Louis XIV. La richesse de leur garniture en or et pierreries a causé la perte de la plupart de ces boîtes trop coûteuses. En dehors de celle-ci, seules deux autres sont connues : l'une conservée à Bologne, remise au poète Malvasia en 1681, qui a gardé tous ses diamants, tandis que l'autre destinée au Grand Pensionnaire Hensius en 1683 n'est plus qu'une carcasse émaillée, sans ses pierres (musée de La Haye). La boîte provenant de la collection de Pierre Bergé est sans doute la plus ancienne qui nous soit parvenue : l'âge apparent du roi incite à proposer une date proche de 1670.


H : 7,2 cm ; L 4.6 cm
Acquis en 2008

Vénus et Adonis

Luca Cambiaso (Gênes, 1527 - Escorial, 1585)

La Société des Amis du Louvre a offert en 2008 au musée Vénus et Adonis un des chefs-d'ouvre de Luca Cambiaso, le principal maître de l'école génoise du XVIe siècle. Le tableau est exposé jusqu'au mois d'octobre 2009 dans la salle 17 des Peintures flamandes (aile Richelieu, 2e étage) en pendant de Hercule et Omphale peint par Rubens à Gênes vers 1606 pour Giovanni Vincenzo Imperiale qui possédait en outre une version de notre tableau de Cambiaso. Longtemps cantonnée à ses dessins cubiques et aux nocturnes de la fin de sa vie, la carrière de Luca Cambiaso a été redécouverte lors de la récente exposition monographique consacrée à l'artiste à Austin (Texas) et à Gênes en 2007. À cette occasion, le tableau de Vénus et Adonis fut choisi pour la couverture du catalogue, comme l'ouvre emblématique d'un artiste parvenu à l'apogée de son art. L'influence vénitienne s'y ressent dans le traitement très sensuel du thème amoureux mais aussi dans la composition monumentale à la structure pyramidale qui rappelle l'équilibre d'un Titien (Vénus et Adonis, v.1553-1554, musée du Prado, Madrid) ou d'un Véronèse (Vénus et Adonis, v.1561-1563, collection particulière), sans oublier Corrège. Ce don de la Société des Amis du Louvre comble une lacune importante dans le parcours génois des salles du Louvre car le musée ne possédait que des dessins de Cambiaso. Des Quatre Docteurs de l'Eglise de Pier Francesco Sacchi (1516) aux oeuvres du XVIIe siècle de Domenico Fiasella, de Giovanni Benedetto Castiglione et de Valerio Castello, sans oublier les oeuvres génoises de Rubens et de Van Dyck, il manquait ce brillant trait d'union qui permet de comprendre le passage de la Renaissance à l'âge baroque.

Huile sur toile
H. 188cm ; L. 105 cm
Acquis en 2008

Le Grand noeud de diamants de l'Impératrice Eugénie

François Kramer

En 2008, la Société des Amis du Louvre a pu faire revenir des Etats-Unis un joyau provenant de la Couronne de France : un somptueux noeud de diamants réalisé par le joaillier François Kramer pour l'impératrice Eugénie en 1855. Le dessin du noeud, assorti de deux glands de passementerie, s'inspire librement de modes de la fin du XVIIIe siècle. 

Le ruban de dentelle élégamment noué paraît d'une étonnante souplesse ; les franges des glands, entièrement flexibles, sont rendues avec un souci de réalisme extrême. Le sertissage, réunissant non moins de 2634 diamants dont 2438 brillants pesant 140 carats, est en effet d'une rare complexité : entièrement ajouré, articulé, et traité en relief, il est destiné à faire scintiller les pierres au moindre mouvement. Ce bijou a pu être acquis et offert aux collections du Louvre grâce aux legs de M. et Mme Rouffet consentis par testament aux Amis du Louvre. A partir du 16 septembre 2010, le Grand Nœud sera pour la première fois présenté au public du Louvre dans une vitrine installée dans la salle 74 du département des Objets d'art (Aile Richelieu, 1er étage).

Il sera accompagné du Diadème de l'impératrice Eugénie acheté par notre Société en 1992.

Diamants
H. 22,5 cm ; L. 11 cm
Acquis en 2008

Le Christ des Rameaux

Allemagne du Sud, Souabe

Une des images les plus singulières de la sculpture allemande du Moyen Âge est offerte au musée grâce à la générosité et à la sagacité de la Société des Amis du Louvre, une statue du Christ des Rameaux, en bois polychromé, presque grandeur nature. Le Christ, monté sur un âne, est représenté lors de son entrée triomphale dans la ville de Jérusalem, telle que la relatent les Évangiles. Vêtu de pourpre en signe de souveraineté, il bénit de la main droite et de la gauche tient la bride de l'âne. Son maintien altier et son visage sévère, à l'image de la majesté divine, contrastent délibérément avec la simplicité rustique de son humble monture. Cette sculpture a été utilisée pour la procession du dimanche des Rameaux. Dans les villes allemandes au Moyen Âge, une effigie sculptée du Christ sur son âne muni de roulettes (en allemand Palmesel, « âne des Rameaux ») était tirée dans les rues et à son passage des rameaux étaient jetés à terre. Dans cette évocation théâtrale de l'épisode évangélique, la sculpture tenait donc le rôle du Christ, et les fidèles celui de la foule répandant des palmes et l'acclamant à Jérusalem. L'oeuvre est exposée dans la salle C des sculptures de l'Europe du Nord au rez-de-chaussée de l'aile DENON.

Bois (tilleul et épicéa), restes de polychromie
H. 135 cm ; L. 120 cm ; P. 41 cm
Acquis en 2007

Portrait du graveur Francesco Bartolozzi

John Russell (1745-1806)

Bartolozzi, a été acquis au Salon du dessin de 2008 et offert au Musée la même année. Né à Florence en 1727 et mort à Lisbonne en 1815 comme directeur de l'Académie des Beaux-Arts, Bartolozzi est l'un des meilleurs graveurs de son temps. Après avoir mis au point un procédé nouveau, la gravure au pointillé en couleur, il se consacre à l'art de la reproduction. Dès 1768, il est l'un des fondateurs de la Royal Academy. Gravées avec l'aide de nombreux élèves et publiées par l'éditeur John Boydell (1719-1804), les reproductions dues à Bartolozzi sont répandues immédiatement dans toute l'Europe. Elles font connaître, non seulement les dessins de Windsor mais aussi l'oeuvre de peintres anglais, tels Francis Cotes qui développe alors l'art du portrait au pastel, mais aussi Gainsborough, Reynolds... et des artistes venus travailler à Londres. À son exécution, sa facture libre souple moelleuse et savante, John Russel joint à son art une exceptionnelle intelligence de la personnalité de son modèle : au moment où Bartolozzi triomphe en Angleterre (1789), Russell le révèle toujours insatisfait de lui-même. Ce portrait d'artiste par un de ses contemporains vient compléter les trois oeuvres de Russell déjà conservées par notre Musée, et tout particulièrement La petite fille aux cerises célèbre pastel légué par l'anglais Alfred H.Vickery mort en France en 1868.

Pastel
H. 59,8 cm ; L. 44,5 cm
Acquis en 2007

Deux études d'armure

Eugène DELACROIX (Saint-Maurice-en-Chalencon 1798 - Paris 1863)

En 1825, Eugène Delacroix fit pour la première fois un séjour en Angleterre, au cours duquel il se rendit chez Samuel Rush Meyrick (1783-1848), qui avait assemblé dans sa maison de Upper Cadogan Place, une collection remarquable d'armures européennes. Nous connaissons relativement à cette visite, trois feuilles principales de Delacroix conservée à la Wallace Collection, au British Museum et au Louvre, auxquelles s'ajoutent désormais ce don. Les dessins de la Wallace et du Louvre portent des annotations identifiant l'armure comme étant celle du duc de Longueville ; il s'agit en fait de l'armure de bataille de Lord Buckhurst, aujourd'hui dans les collections de la Wallace, alors présentée sur un cheval caparaçonné et que Meyrick avait achetée en France au château de Coulommiers en pensant qu'elle était celle du duc de Longueville, d'où l'annotation erronée. Cette armure, très spectaculaire, est l'un des plus beaux exemples d'armures anglaises du XVIe siècle conservées, réalisée vers 1587 dans les ateliers de Greenwich créés par Henri VIII pour rivaliser avec les grands ateliers européens. Le département des Arts graphiques n'a que de très rares occasions d'enrichir sa remarquable collection de dessins de Delacroix – la dernière acquisition, celle du Carnet des Pyrénées, remonte à 2004 - et ce don effectué par le Président de la Société des Amis du Louvre, à l'occasion de sa nomination représente un enrichissement significatif du département des Arts graphiques, pour lequel le Musée du Louvre tient à lui marquer toute sa reconnaissance. 

Crayon noir, lavis brun et lavis gris sur papier vélin.
H. 18,5 ; L. 26,5 cm
Acquis en 2004

Briséis quittant Achille.

Claude Michel, dit Clodion (Nancy 1738-Paris 1814)

La Société des Amis du Louvre vient d'offrir au département des Sculptures un chef-d'oeuvre de Claude Michel, dit Clodion (Nancy 1738-Paris 1814), Briséis quittant Achille. La terre cuite, alors en mains privées, fit partie de l'exposition Clodion organisée au musée du Louvre en 1992, et fut étudiée dans le catalogue. Complètement inconnue, elle fut, par sa grande qualité, une des révélations de cette manifestation. L'identification du sujet, donnée sous réserves en 1992, n'a pas été remise en cause. Il s'agit très probablement de Briséis quittant Achille, un sujet célèbre tiré du premier chant de l'Iliade d'Homère. Son entrée dans les collections du Louvre est un superbe événement. Par comparaisons stylistiques avec d'autres oeuvres en terre cuite de Clodion, comme L'Offrande à Priape du musée J. Paul Getty de Los Angeles, on peut dater le groupe des années 1775. Cette date est contemporaine d'un décor peint d'Étienne Lavallée-Poussin pour Grimod de la Reynière consacré précisément à l'histoire d'Achille Le Louvre conserve une collection bien représentative de l'art de Clodion. Grâce à un don de la Société des Amis du Louvre - le décor de la cour de l'hôtel de Bourbon-Condé, qui orne la cour Puget du musée - et à une dation - le décor de la salle de bains de l'hôtel de Besenval -, le musée expose de grands bas-reliefs monumentaux qui illustrent au mieux l'époque Louis XVI. La statue de Montesquieu en marbre est l'un des « Grands hommes de la France » commandés par le comte d'Angiviller pour la Grande Galerie du palais. Briséis quittant Achille est présenté au grand public avec l'ensemble des terres cuites du sculpteur, dans la salle « Clodion » (Aile Richelieu, Cour Puget, rez-de-chaussée, salle 30).

Terre cuite
H. 0,450 ;L. 0,353 ; P. 0,215.
Acquis en 1992

Christ en croix

Les deux crucifix donnés sous réserve d'usufruit par Marc Fumaroli au département des objets d'art du musée du Louvre relèvent tous deux du monde hispanique. Le premier crucifix fut peut-être réalisé à Rome dans les dernières années du xvie siècle. C'est en tout cas à un prestigieux modèle romain que l'ivoirier voulait faire référence. Le Christ s'inspire directement de celui en métal précieux au centre de la nouvelle garniture d'autel commandée pour Saint-Pierre de Rome et réalisée en 1582 par orfèvre Antonio Gentili sur un modèle de Guglielmo Della Porta. Le second Crucifix s'inscrit dans une histoire beaucoup plus vaste, qui est celle de la mondialisation des échanges à la fin du xvie siècle, avec l'ouverture des routes de navigation entre la Chine, l'Europe et les Amériques. Les Philippines étaient plus une plaque tournante qu'un véritable lieu de production. Les ateliers du Sud de la Chine produisirent alors en masse des crucifix et des statuettes de saints en ivoire, d'après des modèles fournis par les marchands européens. Ici, l'ivoirier s'inspire, en le sinisant involontairement, du célèbre Christ mort de Giambologna, largement diffusé dans le monde hispanique. De l'Amérique centrale, ces ivoires étaient diffusés dans toute l'Amérique latine, et, de là en Espagne. Remarquable par sa taille et sa qualité, il vient enrichir nos collections très pauvres dans ce domaine. Il permet d'évoquer cet épisode très important des échanges entre l'Asie et l'Europe à l'époque moderne. 

Ivoire

Christ en croix

Les deux crucifix donnés sous réserve d'usufruit par Marc Fumaroli au département des objets d'art du musée du Louvre relèvent tous deux du monde hispanique. Le premier crucifix fut peut-être réalisé à Rome dans les dernières années du xvie siècle. C'est en tout cas à un prestigieux modèle romain que l'ivoirier voulait faire référence. Le Christ s'inspire directement de celui en métal précieux au centre de la nouvelle garniture d'autel commandée pour Saint-Pierre de Rome et réalisée en 1582 par orfèvre Antonio Gentili sur un modèle de Guglielmo Della Porta. Le second Crucifix s'inscrit dans une histoire beaucoup plus vaste, qui est celle de la mondialisation des échanges à la fin du xvie siècle, avec l'ouverture des routes de navigation entre la Chine, l'Europe et les Amériques. Les Philippines étaient plus une plaque tournante qu'un véritable lieu de production. Les ateliers du Sud de la Chine produisirent alors en masse des crucifix et des statuettes de saints en ivoire, d'après des modèles fournis par les marchands européens. Ici, l'ivoirier s'inspire, en le sinisant involontairement, du célèbre Christ mort de Giambologna, largement diffusé dans le monde hispanique. De l'Amérique centrale, ces ivoires étaient diffusés dans toute l'Amérique latine, et, de là en Espagne. Remarquable par sa taille et sa qualité, il vient enrichir nos collections très pauvres dans ce domaine. Il permet d'évoquer cet épisode très important des échanges entre l'Asie et l'Europe à l'époque moderne. 

Ivoire

Dame Henen issue de la tombe du trésorier Nakhti

L'entrée d'une oeuvre pour le département des Antiquités égyptiennes est devenue chose si rare que l'acquisition de ce joyau du Moyen Empire dans les collections du Musée du Louvre peut être saluée comme un véritable événement. Il provient des fouilles françaises de l'École du Caire en 1903, dans la nécropole d'Assiout et représente une femme debout sur un socle, une « belle nudité » au corps juvénile dans sa fraîcheur naïve. « Cette belle nudité » dénuée de toute inscription illustre la délicatesse de son statut social, révélé par le contexte archéologique dont elle est issue. Les tombes d'Assiout creusées à flanc de coteau, au début du Moyen Empire, étaient composées d'une chapelle et de plusieurs caveaux. C'est là que trônait la célèbre statue du trésorier Nakhti, le fleuron de la statuaire du début du Moyen Empire conservé au musée du Louvre (E 11937). Sur son socle était posée, une statue féminine également nue, taillée cette fois dans un bois sombre et inscrite au nom de Henen , conservée au Musée du Caire. Quatre caveaux recueillaient toutes les momies de la maisonnée. La statuette anonyme offerte au musée provient du quatrième caveau, où reposait le cercueil de la dame Henen (AF 9757). Le caveau de Nakhti n'en contenait pas moins d'une dizaine sculptée dans des essences variées, et celui de la Dame Henen renfermait la statue nouvellement acquise, qui demeure la plus soignée de toute cette nécropole, à laquelle nous pouvons redonner vie grâce à son identité. Longtemps les égyptologues ont interprété ces belles nudités comme des concubines. Il s'agit en réalité du symbole de « l'épousée ». Henen est désormais présentée à proximité des objets de la tombe dont elle est issue, faisant face à la statue magistrale du trésorier Nakhti, et à proximité de son propre cercueil, salle 23, au premier étage du département.

Statuette. Bois
H. 35 cm ;L. 8,5 cm ; P. 18,2 cm

L'Enlèvement des Sabines et La Continence de Scipion

Giovanni Francesco Romanelli (1610-1662)

Outre ses collections, le musée du Louvre donne à voir à ses visiteurs plusieurs ensembles décoratifs du Grand Siècle exécutés lorsque le palais était une résidence royale. Ainsi, au rez-de-chaussée de l'aile de la Petite Galerie, sous la galerie d'Apollon, une partie des oeuvres du département des Antiquités grecques, étrusques et romaines a pris place dans les pièces de l'ancien appartement d'été de la reine Anne d'Autriche. 

Les deux dessins que la Société des Amis du Louvre a offerts au musée préparent deux compartiments peints par Romanelli dans le Grand Cabinet de la reine. Représentant L'Enlèvement des Sabines et La Continence de Scipion, ils ont servi de modèle aux scènes des deux grands côtés de la voussure. Avec Mucius Scaevola devant Porsenna et Cincinnatus appelé par le Sénat, peints sur les petits côtés, ils constituent une suite des Héros romains. Au centre du plafond, une composition allégorique proclame la Gloire de Rome. Tracées à la plume et encre brune, subtilement rehaussées d'aquarelle et de gouache bleue, ces deux feuilles sont des dessins de présentation destinés à être soumis au commanditaire.

Ces deux feuilles complètent opportunément le fonds relatif à l'histoire du Louvre conservé au département des Arts graphiques, lequel avait été enrichi en 1988 d'un premier dessin de présentation de Romanelli, préparatoire à la lunette de la Tempérance peinte au plafond de la chambre d'Anne d'Autriche dans le même appartement. Elles témoignent avec éloquence de l'attachement des Amis du Louvre au musée comme au palais qui l'abrite.

Aquarelle gouachée sur trait de crayon noir et sanguine
12,5 x 41,5 cm

Portrait d'actrice

Charles Coypel

Le peintre Charles Coypel (1694-1752) accomplit une remarquable carrière de peintre, qui le conduisit jusqu'au titre de Peintre du Roi en 1747. Parallèlement à sa carrière artistique, Charles Coypel développa une abondante production d'auteur de théâtre. Il y renonça finalement au profit de ses activités de peintre. Néanmoins il fut, de tous les artistes de sa génération, celui qui consacra la part la plus importante de sa création à des sujets proprement littéraires, puisant son inspiration dans le grand répertoire théâtral ou dans les livrets d'opéra.Le portrait féminin offert par Marc Fumaroli a été étudié par Thierry Lefrançois dans la monographie de référence qu'il a consacrée à l'artiste. Ce Portrait est aujourd'hui désigné comme celui de « La Manzanelli, chanteuse », mais cette désignation demeure mystérieuse. Il semble bien établi en effet que la jeune femme est représentée parée d'un luxueux costume de scène. À cet égard, le vêtement de brocard, les lourds bijoux, le voile léger et les fleurs qui recouvrent la chevelure s'apparentent aux costumes de scène ou aux « habits de bal » que l'on retrouve sur d'autres peintures de Coypel à la même période. Les collections du Louvre demeurent assez pauvres en portraits d'acteurs ou de chanteurs du xviiie siècle. La donation de ce délicat portrait de femme qui évoque l'univers de la représentation scénique est assurément un enrichissement très bienvenu. L'attitude déclamatoire du charmant et mystérieux modèle féminin est enfin un joli présent consenti par l'éminent spécialiste de la rhétorique classique qu'est le professeur Fumaroli, nous sommes très sensibles à ce subtil et émouvant témoignage de son attachement au Louvre. 

Huile sur toile.
H. 61; L. 50cm