Dernieres acquisitions
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Francisco de Goya
y Lucientes (1746-1828).
Plaques de cuivre gravées de la série
« Los Disparates », vers 1815-1824
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« Disparate puntual » (Une Reine du cirque).
Plaque de cuivre. H. 24 ; L. 35 cm environ.
Don de la Société des Amis du Louvre, 2011. INV. 11443.

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« Disparate de tontos » (Pluie de Taureaux).
Plaque de cuivre. H. 24 ; L. 35 cm environ.
Don de la Société des Amis du Louvre, 2011. INV. 11442.

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« Disparate de bestia » (Autres lois pour le Peuple).
Plaque de cuivre. H. 24 ; L. 35 cm environ.
Don de la Société des Amis du Louvre, 2011. INV. 11441.

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« Disparate conocido » (Quel guerrier !).
Plaque de cuivre. H. 24 ; L. 35 cm environ.
Don de la Société des Amis du Louvre, 2011. INV 11440.

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La Société des Amis du Louvre vient d'enrichir les collections du Musée de quatre chefs-d'oeuvre de Francisco de Goya. Il s'agit de quatre plaques de cuivre appartenant à la série des Disparates, la dernière grande série gravée par l'artiste avant son départ en exil pour la France en 1824. Par cette donation exceptionnelle, la Société des Amis du Louvre renoue avec l'esprit patrimonial qui avait présidé, sous la Deuxième République, à l'enrichissement des collections de la Chalcographie du Louvre, ère prestigieuse que marquèrent l'entrée au Musée de l'ensemble des cuivres d'Anton Van Dyck pour L'Iconographie, ainsi que l'acquisition des cuivres des Sièges de La Rochelle et de l'Isle de Ré, chefs-d'oeuvre de Jacques Callot. Il convient de souligner que c'est la première fois que la Société des Amis du Louvre acquiert des cuivres gravés pour la Chalcographie. Les quatre cuivres des Disparates de Goya, formant un ensemble exceptionnel et d'une rare qualité, seront bientôt exposés au public dans les salles de peinture espagnole du Musée du Louvre.
Vraisemblablement gravée entre 1819 et 1824, la série inachevée et connue sous le titre des Disparates soulève de nombreux problèmes d'interprétation. À commencer par le titre lui-même : disparate provient du verbe espagnol disparatar qui signifie decir o hacer algo fuera de razón y regla - « dire ou faire quelque chose en dépit de la raison ou des règles ». Ainsi, les quatre cuivres acquis par les Amis du Louvre correspondent, selon les épreuves d'état conservées au Musée Lazaro Galdiano de Madrid aux Disparates suivants : Disparate conocido (Atrocité connue), Disparate puntual (Atrocité ponctuelle), Disparate de Bestia (Atrocité de bête), Disparate de Tontos (Atrocité d'idiot). Lors de la première édition de ces planches, réalisée en 1877 à Paris, des sous-titres en espagnol et en français furent gravés sur les cuivres, soit respectivement : « ¡Que Guerero ! (Quel guerrier !), Una Reina del Circo (Une Reine du cirque), Otras Leyes por el Pueblo (Autres lois pour le Peuple) et Lluvia de toros (Pluie de Taureaux).
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Lucas CRANACH dit l'Ancien
Kronach, 1472 - Weimar 1553
Les Trois Grâces 1531
H. : 0,36 m. ; L. : 0,24 m.
Sujet célèbre de l'Antiquité, donnant lieu à de nombreuses variations mythologiques, les « Trois Grâces » personnifient souvent
l'allégresse, l'abondance et la splendeur. Lucas Cranach, au carrefour du réalisme des peintres du Nord et de l'imaginaire plus velouté de
la peinture italienne, en propose une version très personnelle et volontairement ironique. Le musée du Louvre ne conservait jusqu'à présent
que quelques tableaux du peintre, dont trois portraits, un tableau mythologique et une Vénus debout dans un paysage . Aucune de ces œuvres ne
possède cependant la force expressive de ces Trois Grâces entrées en 2011 dans les collections nationales grâce à une campagne d'appel au don
lancée par le Musée et à laquelle les Amis du Louvre se sont associés grâce aux dons individuels de plusieurs milliers d'entre eux.
Cette acquisition a bénéficié du mécénat principal de l'entreprise Mazars et du généreux soutien de plus de 7 000 donateurs, avec des dons exceptionnels de : M. Éric de Haynin de Bry, M. Jean-Claude Dumoulin, M. Jean-Marc Fayoux, M. Philippe Forestier, M. Jacques Garaïalde, M. Jean-Marie Lecomte, Ariane et Lionel Sauvage, de la Fondation Gandur pour l'Art, de l'Académie des Beaux-arts, et des entreprises Pylônes, PrimAudit International, Scor SE, Laboratoire Luis Godinho, Hugau Gestion et STVA.
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Jean-Siméon CHARDIN Paris 1699 - 1779
Les Attributs de la musique civile et Les Attributs de la musique militaire 1766
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Toiles ovales sur châssis rectangulaire
H : 112 cm ; L : 144 cm
Provenance : Coll. Eudoxe Marcille jusqu'en 1890, conservé par ses descendants jusqu'en 2010
RF2010-12 et RF2010-13
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Charles Nicolas Cochin, chargé des Arts auprès du marquis de Marigny,
confia en 1766 à Jean-Siméon Chardin l'exécution de deux dessus de porte
du salon de musique du château royal de Bellevue, construit sur les
hauteurs de Meudon par Louis XV pour Mme de Pompadour. L'artiste,
alors âgé de 67 ans, avait acquis un savoir-faire inégalé dans la
représentation des choses inanimées, évoluant au cours des ans vers
une sobriété de composition toujours plus remarquable.
Dans la Musique civile, de registre plutôt champêtre,
on distingue au premier plan un violon et son archet,
une flûte traversière, un tambourin à sonnailles et une vielle à roue ;
au second plan un tambour à timbre, un instrument à vent (clarinette ?)
et un cor. Dans la Musique guerrière, on identifie au premier plan un
basson avec sa cuivrette, un hautbois sous la partition et deux cymbales
posées sur des livres ; au second plan, une paire de timbales avec sa paire
de battes, une trompette posées par-dessus et un tambour. Les timbales revêtaient
une valeur particulière dans la musique militaire. D'origine allemande,
elles étaient autrefois réservées en France aux régiments qui les avaient conquises sur l'ennemi.
Sous Louis XV, leur usage s'était systématisé dans les compagnies de la maison du roi,
mais il en allait de l'honneur du timbalier de ne pas les laisser prendre l'adversaire.
En bas, le tablier de soie avec fleurs de lys et croix du Saint-Esprit qui
pend avec ses pompons rappelle le caractère royal de la commande.
Les deux toiles furent exposées au Salon de 1767.
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 Dais pour le trône de Charles VII, Jacob de Littemont (attribué à)
Deuxième quart du XVe siècle
Tapisserie, laine et soie.
H : 2.92 ; L : 2.85
Paris, musée du Louvre
Départment des Objets d'art
D'une beauté à couper le souffle, la tapisserie récemment
acquise grâce à la Société des Amis du Louvre sera désormais un
des fleurons du patrimoine français.
Deux anges, vêtus d'une tunique fleurdelisée sur leur aube
blanche, s'élancent, venus du ciel, tenant une couronne entre les
mains. Sur un fond rouge vermeil, ce groupe s'inscrit sous un
grand soleil d'or à douze branches dont se détachent soixante
rayons semés d'astres à huit branches. La couronne sommée de
fleurs de lys ainsi que la tunique des anges semée de fleurs de lys
d'or sur fond azur indique une provenance royale.
L'oeuvre est postérieure au gothique international qui
caractérise l'époque de Charles VI, les drapés aux plis cassés des
aubes des anges appartiennent déjà au style nouveau qui
s'éloigne du gothique international et dont les témoignages nous
sont venus des Pays-Bas bourguignons dans les années 1430.
En revanche, cette tapisserie aux anges couronnant coïncide,
stylistiquement, avec le règne de son fils, Charles VII (1422-1461)
qui, dès les débuts de son règne, adopta les soleils d'or sur fond
de gueules. Se plaçant sous la protection de saint Michel, Charles VII
se posa en roi-soleil face aux Anglais et aux Bourguignons lors de
sa reconquête du royaume.Au-delà de l'emblématique royale, la tapisserie aux anges semble mettre l'accent spécifiquement sur la cérémonie du sacre et sur sa légitimation divine. Elle montre que celui que ses ennemis avaient surnommé « le petit roi de Bourges » était bien l'élu de Dieu.Cette étonnante composition offre de très nombreux points communs avec l'oeuvre
du Maître de la verrière de l'Annonciation offerte par Jacques
Coeur à la cathédrale de Bourges (vers 1450), auteur également
du décor de la chapelle de l'hôtel Jacques Coeur, malheureusement
très repeint au XIXe siècle. Louis Grodecki identifia en 1975 le
Maître de la verrière de l'Annonciation avec Jacob de Littemont,
peintre de Charles VII, d'origine flamande.
Le dais est présenté dans la salle 6 (Anne de Bretagne) du département des Objets d'art (aile Richelieu 1er étage) à partir du 16 septembre 2010.

Jean-Auguste-Dominique Ingres (1780-1867)
Le Comte Mathieu-Louis Molé
Huile sur toile. H. 1,47 ; L. 1,14.
Inv. R.F. 2009-15.
Le 10 décembre 2009, le Portrait du Comte Molé par Ingres , acquis grâce au soutien des Amis du Louvre, fait son entrée officielle dans la collection du département des Peintures.
« Il était hors de question pour le conseil d'administration des Amis du Louvre de ne pas contribuer à l'achat du portrait du Comte Molé par le plus grand portraitiste français, a déclaré Marc Fumaroli, Président de la Société des Amis du Louvre. Le vote a été acquis à la quasi unanimité. Pourquoi? La suprême autorité en matière de goût, le poète Charles Baudelaire, n'était pas un admirateur inconditionnel d'Ingres et de son école férue d'antiquité. Mais son goût difficile s'est incliné devant Ingres portraitiste, et portraitiste moderne, sachant élever à la poésie du deuil le noir moderne de la redingote masculine et laisser entrevoir, sous la gravité officielle de l'homme d'autorité, le "mal du siècle", doute et mélancolie, qui hante au fond du masque impassible le civilisé moderne. Le portrait par Ingres du premier ministre de Louis-Philippe, qui avait été sous le Consulat un ami intime de Chateaubriand, avant de devenir son ennemi politique et son rival victorieux auprès de la belle Cordélia de Castellane, atteste aujourd'hui, encore mieux qu'au XIXe siècle, la saisissante justesse du diagnostic du poète. »
 Claude Michel, dit Clodion (Nancy
1738-Paris 1814)
Briséis quittant Achille.
Vers 1775. Terre cuite.
H. 0,450 ;L. 0,353 ; P. 0,215.
La Société des Amis du Louvre vient d'offrir au département des
Sculptures un chef-d'oeuvre de Claude Michel, dit Clodion (Nancy
1738-Paris 1814), Briséis quittant Achille.
La terre cuite, alors en mains privées, fit partie de l'exposition Clodion organisée au musée du Louvre en 1992, et fut étudiée dans le
catalogue. Complètement inconnue, elle fut, par sa grande qualité,
une des révélations de cette manifestation. L'identification du sujet, donnée sous réserves en 1992, n'a pas
été remise en cause. Il s'agit très probablement de Briséis quittant
Achille, un sujet célèbre tiré du premier chant de l'Iliade d'Homère.
Son entrée dans les collections du Louvre est un superbe événement.
Par comparaisons stylistiques avec d'autres oeuvres en terre cuite de Clodion,
comme L'Offrande à Priape du musée J. Paul Getty de Los Angeles, on
peut dater le groupe des années 1775. Cette date est contemporaine
d'un décor peint d'Étienne Lavallée-Poussin pour Grimod
de la Reynière consacré précisément à l'histoire d'Achille
Le Louvre conserve une collection bien représentative de
l'art de Clodion. Grâce à un don de la Société des Amis du Louvre - le
décor de la cour de l'hôtel de Bourbon-Condé, qui orne la cour
Puget du musée - et à une dation - le décor de la salle de bains
de l'hôtel de Besenval -, le musée expose de grands bas-reliefs
monumentaux qui illustrent au mieux l'époque Louis XVI. La statue de Montesquieu en marbre est l'un des « Grands hommes de la
France » commandés par le comte d'Angiviller pour la Grande
Galerie du palais. Briséis quittant Achille est présenté au grand public avec l'ensemble des terres cuites du sculpteur, dans la salle « Clodion » (Aile Richelieu, Cour Puget, rez-de-chaussée, salle 30).
 Jan de Beerf (actif à Anvers entre 1495 et 1528)
Héraclius décapitant Chosroès
Bois (chêne) - H.24 cm ; L. 42.5 cm - Inv. RF 2009-6
C'est un petit panneau peint à Anvers vers 1515 que la
Société des Amis du Louvre vient d'offrir au Département des
Peintures. Il permet très heureusement d'illustrer désormais un
pan de la peinture anversoise du premier quart du XVIème siècle,
appelé maniérisme gothique, qui n'était jusque-là représenté dans
la collection du Louvre que par un panneau anonyme représentant
le Martyre de saint Jean dont il n'est pas sûr qu'il ne soit pas plutôt
l'oeuvre d'un peintre de Leyde. Ce petit panneau de 24 cm sur 42 représente un sujet rare, Héraclius décapitant Chosroès, et a
été peint par Jan de Beer, qui est le plus célèbre des peintres de ce
courant, le seul qui ait été cité dès 1567 par Guichardin aux côtés
des grands novateurs tels que Quentin Metsys, Joos van Cleve et
Joachim Patinir qui travaillaient à Anvers dans les mêmes années
et dont il ne se distingue en réalité pas si radicalement que n'invite
à le penser le caractère le plus évident de son art, mélange très
subtil de grâce flamboyante, de théâtralité et d'effusion poétique.
Le sujet est en fait une scène de l'histoire de la Vraie croix
telle que la rapportait au Moyen Âge la Légende Dorée de Jacques
de Voragine : les Perses ayant envahi Jérusalem et dérobé la Croix
et leur roi Chosroès ayant poussé l'injure jusqu'à se prendre pour
le Père en trônant entre la Croix (au lieu du Fils) et un coq (au lieu
du Saint Esprit), l'empereur byzantin Héraclius entreprit une véritable
croisade dont le point culminant fut le combat qui, sur un
pont, le fit vainqueur du fils de Chosroès et dont l'issue fut la
conversion du peuple perse à la foi chrétienne, à l'exception de
Chosroès qu'Héraclius décapita sans merci. Toute la fantaisie narrative,tout le brio d'exécution du maniérisme anversois à son meilleur se retrouvent ici. Ce style de Jan de Beer, tout anversois qu'il est, a aussi compté pour quelques artistes de souche flamande qui ont oeuvré dans la France du début
du règne de François Ier, tels que Godefroy le Batave et Noël
Bellemare.
 Boîte à portrait de Louis XIV
Jean I Petiot (1607-1691)
Vers 1680 . H : 7,2 cm ; L 4.6 cm
Ce joyau historique à la gloire de Louis XIV a été acquis par la Société des Amis du Louvre lors de la dispersion de la prestigieuse
collection Yves Saint Laurent et Pierre Bergé, à la troisième vacation du 24 février 2009. Le bijou
a heureusement conservé sa riche garniture : sur la face quatre-vingt douze diamants
brillent autour du buste émaillé du roi, sommé de la couronne fleurdelisée ; au revers, tout en émail,
le chiffre royal au double L entrelacé est environné de rinceaux.
Dans la première moitié du XVIIe siècle, ces boîtes abritant des portraits en miniature, de forme
ronde, ovale ou carrée, sont d'abord des objets de sentiment. À partir des années 1660, Louis XIV fait
de ces objets précieux des instruments du pouvoir royal, distribués par centaines comme marques de
distinction honorifique aux dignitaires étrangers, aux hommes de guerre et aux fidèles serviteurs de la
monarchie. Pendant une vingtaine d'années, deux orfèvres-bijoutiers logés aux galeries du Louvre,
Laurent Le Tessier de Montarsy (?-1684), et son fils Pierre (1647-1710), en sont les principaux
fournisseurs. Les médaillons du souverain sont majoritairement l'oeuvre du miniaturiste Jean I Petitot
(1607-1691), qui a été attaché à la Cour des Stuarts, avant de venir mettre son talent inégalé
d'émailleur au service de Louis XIV.
La richesse de leur garniture en or et pierreries a causé la perte de la plupart de ces boîtes trop
coûteuses. En dehors de celle-ci, seules deux autres sont connues : l'une conservée à Bologne, remise
au poète Malvasia en 1681, qui a gardé tous ses diamants, tandis que l'autre destinée au Grand
Pensionnaire Hensius en 1683 n'est plus qu'une carcasse émaillée, sans ses pierres (musée de La Haye).
La boîte provenant de la collection de Pierre Bergé est sans doute la plus ancienne qui nous soit
parvenue : l'âge apparent du roi incite à proposer une date proche de 1670.
 Luca Cambiaso (Gênes, 1527 - Escorial, 1585)
Vénus et Adonis
Huile sur toile. H. 1,88 ; L. 1,05 m.
R.F. 2008-49
La Société des Amis du Louvre a offert en 2008 au musée Vénus et Adonis un des chefs-d'ouvre de Luca Cambiaso, le principal maître de l'école génoise du XVIe siècle.
Le tableau est exposé jusqu'au mois d'octobre 2009 dans la salle 17 des Peintures flamandes (aile Richelieu, 2e étage) en pendant de Hercule et Omphale peint par Rubens à Gênes vers 1606 pour Giovanni Vincenzo Imperiale qui possédait en outre une version de notre tableau de Cambiaso.
Longtemps cantonnée à ses dessins cubiques et aux nocturnes de la fin de sa vie, la carrière
de Luca Cambiaso a été redécouverte lors de la récente exposition monographique consacrée à l'artiste à Austin (Texas) et à Gênes en 2007. À cette occasion, le tableau de
Vénus et Adonis fut choisi pour la couverture du catalogue, comme l'ouvre emblématique d'un artiste parvenu à l'apogée de son art.
L'influence vénitienne s'y ressent dans le traitement très sensuel du thème amoureux mais aussi dans la composition monumentale à la structure pyramidale qui rappelle l'équilibre d'un Titien (Vénus et Adonis, v.1553-1554, musée du Prado, Madrid) ou d'un Véronèse (Vénus et Adonis, v.1561-1563, collection particulière), sans oublier Corrège.
Ce don de la Société des Amis du Louvre comble une lacune importante dans le parcours génois des salles du Louvre car le musée ne possédait que des dessins de Cambiaso. Des Quatre Docteurs de l'Eglise de Pier Francesco Sacchi (1516) aux oeuvres du XVIIe siècle de Domenico Fiasella, de Giovanni Benedetto Castiglione et de Valerio Castello, sans oublier les oeuvres génoises de Rubens et de Van Dyck, il manquait ce brillant trait d'union qui permet de comprendre le passage de la Renaissance à l'âge baroque.
 Le Grand noeud de diamants de l'Impératrice Eugénie
Ancienne collection des Diamants de la Couronne
Paris, 1855
François Kramer, maître-joailler
H. 22,5 cm ; L. 11 cm
En 2008, la Société des Amis du Louvre a pu faire revenir des Etats-Unis un joyau provenant de la Couronne de France : un somptueux noeud de diamants réalisé par le joaillier François Kramer pour l'impératrice Eugénie en 1855.
Le dessin du noeud, assorti de deux glands de passementerie, s'inspire librement de modes de la fin du XVIIIe siècle. Le ruban de dentelle élégamment noué paraît d'une étonnante souplesse ; les franges des glands, entièrement flexibles, sont rendues avec un souci de réalisme extrême. Le sertissage, réunissant non moins de 2634 diamants dont 2438 brillants pesant 140 carats, est en effet d'une rare complexité : entièrement ajouré, articulé, et traité en relief, il est destiné à faire scintiller les pierres au moindre mouvement.
Ce bijou a pu être acquis et offert aux collections du Louvre grâce aux legs de M. et Mme Rouffet consentis par testament aux Amis du Louvre.
A partir du 16 septembre 2010, le Grand Nœud sera pour la première fois présenté au public du Louvre dans une vitrine installée dans la salle 74 du département des Objets d'art (Aile Richelieu, 1er étage). Il sera accompagné du Diadème de l'impératrice Eugénie acheté par notre Société en 1992.
 Le Christ des Rameaux
Allemagne du Sud, Souabe, vers 1520-1525
Bois (tilleul et épicéa), restes de polychromie
H. 1,35 m ; L. 1,20 m ; Pr. 0,41 m
Ancienne collection Louis-Pierre Bresset, Marseille, puis château de La Rochelambert (Haute-Loire)
Inv. RF 2008.1
Une des images les plus singulières de la sculpture allemande du Moyen Âge est offerte au musée grâce à la générosité et à la sagacité de la
Société des Amis du Louvre, une statue du Christ des Rameaux, en bois polychromé, presque grandeur nature. Le Christ, monté sur un âne, est représenté
lors de son entrée triomphale dans la ville de Jérusalem, telle que la relatent les Évangiles. Vêtu de pourpre en signe de souveraineté, il bénit de la
main droite et de la gauche tient la bride de l'âne. Son maintien altier et son visage sévère, à l'image
de la majesté divine, contrastent délibérément avec la simplicité rustique de son humble monture.
Cette sculpture a été utilisée pour la procession du dimanche des Rameaux. Dans les villes allemandes
au Moyen Âge, une effigie sculptée du Christ sur son âne muni de roulettes (en allemand Palmesel,
« âne des Rameaux ») était tirée dans les rues et à son passage des rameaux étaient jetés à terre.
Dans cette évocation théâtrale de l'épisode évangélique, la sculpture tenait donc le rôle du Christ, et les
fidèles celui de la foule répandant des palmes et l'acclamant à Jérusalem.
L'oeuvre est exposée dans la salle C des sculptures de l'Europe du Nord au rez-de-chaussée de l'aile DENON.

John Russell (1745-1806)
Portrait du graveur Francesco Bartolozzi
R.A.
H. 59,8 cm ; L. 44,5 cm
Inv. RF 54690
Pastel
Bartolozzi, a été acquis au Salon du dessin de 2008 et offert au Musée la même année.
Né à Florence en 1727 et mort à Lisbonne en 1815 comme directeur de l'Académie des Beaux-Arts, Bartolozzi est
l'un des meilleurs graveurs de son temps. Après avoir mis au point un procédé nouveau, la gravure au pointillé en
couleur, il se consacre à l'art de la reproduction.
Dès 1768, il est l'un des fondateurs de la Royal Academy.
Gravées avec l'aide de nombreux élèves et publiées par
l'éditeur John Boydell (1719-1804), les reproductions dues
à Bartolozzi sont répandues immédiatement dans toute
l'Europe. Elles font connaître, non seulement les dessins
de Windsor mais aussi l'oeuvre de peintres anglais, tels Francis Cotes qui développe alors l'art du portrait au pastel, mais aussi Gainsborough, Reynolds... et des artistes venus
travailler à Londres.
À son exécution, sa facture libre souple moelleuse et savante, John Russel joint à son art une exceptionnelle
intelligence de la personnalité de son modèle : au
moment où Bartolozzi triomphe en Angleterre (1789),
Russell le révèle toujours insatisfait de lui-même.
Ce portrait d'artiste par un de ses contemporains vient
compléter les trois oeuvres de Russell déjà conservées par
notre Musée, et tout particulièrement La petite fille aux
cerises célèbre pastel légué par l'anglais Alfred H.Vickery
mort en France en 1868.
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